Rencontre avec l'expert

Pour ou contre la Mindfulness en psychiatrie ?

Guido Bondolfi

 

La pleine conscience (PC), en anglais « mindfulness », représente le dénominateur commun qui est à la base des différents courants de pratique de mé­ditation bouddhiste. Ce n’est qu’à partir des années 1970 que les pratiques médi­tatives et contemplatives ont commencé à intéres­ser la communauté scientifique occidentale en tant que formes de traitement. On doit principalement à Jon Kabat-Zinn d’avoir introduit dès 1979 la mé­ditation de PC dans la pratique clinique, avec l’idée assez originale que la méditation pourrait ai­der les occidentaux à gérer leur stress sans qu’ils de­viennent forcément des adeptes de la tradition bouddhiste. Le premier programme clinique basé sur la PC, le MBSR (Mindfulness-Base Stress Reduction program - programme pour la réduction du stress basé sur la pleine conscience), a été créé par Jon Kabat-Zin au début des années 70 aux Etats Unis. Toutefois, ce n’est qu’à partir des années ’90 que l’intérêt de la communauté scientifique et l’engouement sociétal pour ces approches n’a cessé de croître. L’ampleur de ce phénomène a probablement été favorisé par le développement de deux autres interventions basées sur la PC dont on a montré l’efficacité clinique : la DBT (Dialectical Behavior Therapy - thérapie comportementale dialectique) de Marsha Linehan pour des personnes avec des troubles graves de la personnalité et la MBCT (Mindfulness-Based Cognitive Therapy - thérapie cognitive basée sur la pleine conscience) pour la prévention des rechutes dépressives. Aujourd’hui les applications cliniques de la PC se multiplient et on assiste a une croissance quasi exponentielle des neuroscientifiques dans ce domaine. Par ailleurs, les interventions basées sur la PC sont de plus en plus proposées dans le monde du travail.

Dans cette présentation, après avoir passé en revue les principales applications cliniques des interventions basées sur la PC, leur efficacité et les mécanismes d’action supposés, les points suivants seront discutés avec les participants :
Pourquoi un tel engouement pour la PC, une telle mode ? Y a-t-il un risque de dérive sectaire ? Peut-on considérer la PC comme une psychothérapie ? Quelle identité professionnelle et quelle formation faut-il avoir pour instruire des programmes de PC ? S’agit-il d’un modèle transdiagnostique ? Quels sont les contre-indications et des effets indésirables de la PC ? Est-ce que la pratique de la méditation de PC pourrait être utile dans la formation de tout thérapeute, au-delà de son orientation ou formation théorique ? Quels sont les différences et les similitudes entre PC et hypnose ?

26/10/2018