Idées de suicide, risque suicidaire... Que faire ?

Jean-Luc Ducher

Tous ceux qui ont des idées suicidaires ne passent pas à l’acte, mais tous ceux qui passent à l’acte ont des idées suicidaires. Près de 5% de la population générale a eu des idées suicidaires au cours des 12 derniers mois. Mais près de 15 % de ceux qui consultent un médecin généraliste en ont eues au cours des deux dernières semaines. Lorsqu’on considère ceux qui consultent pour un problème psychiatrique, ces chiffres montent à près de 66 % et parmi ceux-ci, la moitié présente un risque suicidaire sévère. 

Comment repérer ces patients à risque suicidaire ? Comment les aider ? Les TCC peuvent-elles être utiles dans ce cadre-là ?

La dépression représente le premier facteur de risque suicidaire. Pour Beck, celui-ci est très lié au désespoir. Lorsque les idées suicidaires sont présentes dans une dépression, il considère qu’elles deviennent la priorité de la démarche thérapeutique et a développé une approche cognitive spécifique pour cela.  

Mais certains patients dépressifs sévères peuvent ne pas avoir d’idées suicidaires et à l’inverse certains en dépression modérée rapportent un réel désir de passer à l’acte.

Repérer et évaluer rapidement le risque suicidaire d’un patient est donc une nécessité, voire une obligation, d’autant qu’on peut le retrouver dans toutes les pathologies psychiatriques. Souvent les thérapeutes ont plus peur d’interroger les patients sur leurs idées suicidaires que les patients d’en parler. Certaines études montrent que 50% des patients qui se suicident ont consulté un professionnel de santé mental la semaine précédente et 20 % moins de 24 heures avant. Leur risque suicidaire avait alors été évalué « sévère » dans 2 % des cas seulement.

Apprendre à repérer les patients à risque est donc une nécessité, savoir gérer la crise suicidaire, une autre. Les TCC peuvent apporter une aide intéressante. En plus de leur efficacité démontrée dans le cadre de la dépression, de nombreuses techniques spécifiques à cette prise en charge ont été décrites par différents auteurs. Leur connaissance peut représenter un recours utile dans le soutien et la prise en charge de patients à risque suicidaire.

03/07/2019