La crise suicidaire en TCC : évaluation et prise en charge

Jean-Luc Ducher

Selon les recommandations de la prise en charge d’un patient dépressif, l’évaluation du risque suicidaire et son inscription dans le dossier du patient, aussi longtemps que nécessaire, font partie des obligations du thérapeute.

Cela se comprend facilement, mais la question qui se pose est de savoir comment réaliser cette évaluation. De nombreuses échelles existent, permettant d’apprécier différents aspects du risque suicidaire. Mais seulement quelques-unes sont validées et satisfont donc à l’obligation de moyen qui s’impose à tout thérapeute.

Quelles que soient les dimensions du risque suicidaire étudiées, facteurs de risque, intensité du désespoir ou tout autre aspect…, ce qui reste déterminant dans le cadre d’un éventuel passage à l’acte, c’est la décision de le réaliser à un moment ou à un autre. On peut être désespéré, avoir des idées suicidaires et ne pas avoir décidé de passer à l’acte.

L’analyse de ce niveau de décision est donc primordiale. L’échelle d’évaluation du risque suicidaire RSD permet d’effectuer en une ou deux minutes cette appréciation et sa passation peut être répétée aussi souvent que nécessaire.

Une fois, le risque suicidaire repéré, la deuxième question qui se pose est de savoir ce qu’il convient de faire. Pour Beck, en cas de présence d’idéations suicidaires, celles-ci deviennent l’objectif prioritaire de la psychothérapie.

De nombreuses démarches cognitivo-comportementales ont été proposées, en particulier par Beck, Newman, Basco, Rush et d’autres, qui permettent souvent un contrôle, une atténuation, voire une amélioration importante de la crise suicidaire.

Une démarche d’analyse fonctionnelle particulière et approfondie permet une modélisation du processus suicidaire et augmente ainsi la précision et l’efficacité de la démarche psychothérapique.

Ce sont tous ces éléments qui seront abordés de manière théorique et pratique.

20/07/2018