Symposium clé en mains : Les TCC de Couple

 

1. La thérapie comportementale et cognitive de couple (TCCC)

Auteurs : Marion Cuddy PhD

 La TCCC, développée surtout par Don Baucom et Norman Epstein aux Etats-Unis, est un modèle de thérapie de couple qui met en valeur le rôle des cognitions dans le fonctionnement du couple. Certaines catégories de pensées ou croyances, par exemple l’attention séléctive, les attributions, les suppositions, les attentes et les normes influencent particulièrement les réactions émotionnelles et comportementales de chaque conjoint, et donc l’interaction du couple. Ce modèle, qui considère aussi l’impact des facteurs individuels, de l’environnement, et du contexte dans lequel vit le couple sur leur relation, est structuré d’une manière flexible et s’adapte très bien à des applications spécifiques. Par exemple, en plus des études qui ont évalué l’efficacité de la TCCC pour améliorer la détresse relationelle, ce modèle a servi de cadre pour le développement de traitements basés dans le couple pour des psychopathologies comme la dépression et les troubles obsessifs-compulsifs.

 

2. La Thérapie Comportementale Intégrative de Couple (IBCT Christensen & Jacobson)

Auteurs : François Allard

L’IBCT (Christensen & Jacobson, 1996), pour les couples en détresse, promeut l’acceptation émotionnelle des différences, et des incompatibilités entre les partenaires ; elle focalise sur les contextes expérientiels de changement, les conflits deviennent des véhicules de proximité. Modèle original des Sciences Comportementales Contextuelles, l’IBCT développe ses propres concepts du langage d’acceptation émotionnel de l’autre selon des processus dyadiques expérientiels et comportementaux. Evolution d’un premier modèle de thérapie néobéhavioriste, (BMT, Jacobson & Margolin, 1979) basé sur les principes de l'apprentissage social et de l'échange de comportement, l’IBCT interface deux concepts de l’apprentissage opérant (Skinner, 1957, 1995) : le renforcement des comportements par les contingences naturelles et le changement formel des comportements gouvernés par des règles. La réunion empathique, le détachement unifié et la construction de la tolérance facilitent l’acceptation des aspirations de chacun, l’échange émotionnel. Elle diffère de l’ancien modèle BMT,tout en intégrant ses techniques, en créant flexiblement des contextes d’intimité, elle promeut un climat de coopération, renforçateur des désirs authentiques de changement

 

3. Le Positionnement Grégaire et la Thérapie de Couple ( Lefrançois & Fradin)

Auteurs :  Pr Camille Lefrançois

Le concept de Positionnement Grégaire (PG) rend compte d’une dynamique en lien avec les notions de rapport de force et de confiance en soi ou en l’autre au sein des relations interindividuelles, se traduisant globalement par des troubles de l’assertivité (Lefrançois et al., 2011 ; Fradin & Lefrançois, 2014). Certains auteurs suggèrent que cette gamme de comportements puisse relever des vestiges d’une hiérarchisation sociale primitive. Ainsi le rapport de force peut se manifester de façon réelle ou symbolique, et plus particulièrement au sein d’une relation intime. Le travail présenté ici s’attardera à développer ces notions au travers d’un certain nombre d’étude d’une part, puis dans le cadre de la psychothérapie de couple d’autre part. La prise en compte de cette problématique apporte en effet un éclairage nouveau sur l’interprétation de blocages apparaissant au cours d’un tel suivi. Des outils de gestion de cette dimension seront proposés.

  

4. Amélioration du coping dyadique dans le cadre d’un programme d’entrainement à la gestion du stress et en thérapie de couple  ( Bodenmann, Charvoz Constant )

Auteurs : Pr Linda Charvoz

Le stress externe au couple exerce un fort impact négatif sur le fonctionnement de celui-ci. La méthode des 3-phases, développée par Guy Bodenmann, permet aux partenaires d’accéder à une relation authentique et sécurisante au sein de laquelle le stress peut être gérer par le biais de l’exploration émotionnelle, de la compréhension mutuelle de la situation stressante et de l’amélioration des stratégies de coping dyadique adaptées aux besoins de chacun. Cette méthode peut être mise en place dans différents domaines ciblant l’amélioration des stratégies de coping au sein du couple tels que les programmes de prévention de la détresse maritale et du divorce et les thérapies de couple, ainsi que dans différents domaines d’application (e.g., interventions centrées sur la parentalité, sur l’ajustement à une maladie).

 

5. Le couple confronté à l’addiction sexuelle  ( Kempeneers )

Auteurs : Philippe Kempeneers PhD

Les « excès » sexuels d’un des partenaires peuvent poser des problèmes au sein d’un couple. Distinguer le normal et le pathologique est cependant loin d’être simple, l’opération pose inévitablement la question de la légitimité ou de l’illégitimité relative du comportement sexuel réputé excessif et de l’intolérance sociale ou personnelle à l’égard de ce comportement.  L’étiquetage diagnostic doit ainsi être manié avec prudence, c’est un enjeu de pouvoir dans le couple. Selon le point de vue adopté, le traitement oscillera entre acceptation et modération comportementale. Dans ce dernier cas, les modèles de type approche motivationnelle et prévention de la rechute couramment utilisés dans le champ des addictions pourront s’avérer utiles. Dans tous les cas, le traitement ne manquera pas d’interroger la dynamique conjugale, que ce soit en tant que facteur causal, en tant que facteur d’amélioration ou en tant que facteur à améliorer. La question du maintien du couple se posera donc régulièrement ainsi que celle de la collaboration du conjoint pour faire évoluer les choses.

Philippe Kempeneers

 

6. Une thérapie de couple focalisée sur les relations extraconjugales (  Baucom, Snyder et Gordon )

Auteurs : François Allard & Marion Cuddy

L’infidélité, situation de crise majeure pour un couple, est une épreuve dévastatrice, les partenaires errent sur un territoire inconnu. Comment réagir après la révélation ? Quelles mesures prendre ? Avant toute thérapie classique, on doit traiter l’urgence ! Le thérapeute doit fournir une feuille de route, selon une expertise spécifique qu’il doit acquérir. A partir de leurs recherches sur les relations extraconjugales, Donald Baucom, Douglas Snyder et Kristina Gordon (2007,2009), proposent, pour tous les courants, un protocole intégré en 3 étapes. 1) Instaurer un cadre sécurisé, éviter des dommages supplémentaires, gérer l’impact traumatique chez le partenaire offensé, poser des limites avec l’intrus, recréer un équilibre.2) Comprendre ! Si le partenaire participant est le seul responsable de son infidélité, le couple doit communiquer pour comprendre les facteurs individuels, environnementaux et internes, historiques ayant fragilisé leur relation. En améliorant leurs compétences interrelationnelles, les partenaires formuleront conjointement la survenue de l’infidélité, pour la dépasser. 3) Ayant évalué les risques et leur motivation, après un travail d’exploration des croyances pouvant s’opposer au pardon, ils décideront d’aller de l’avant, ensemble ou séparément.  

24/10/2018