Atelier pré-congrès   
Thérapie des schémas et relation thérapeutique

15 décembre 2016 de 9h30 à 18h30   

           
 

Résumé de la conférence

 

      

    

 

 



Dr Bernard PASCAL

Psychiatre cognitivo-comportementaliste, ancien attaché de psychothérapie au CHU de Grenoble, chargé d’enseignement aux Universités de Lyon-1, Grenoble, Clermont-Ferrand et La Réunion, ainsi qu’à l’AFTCC. 

 

Interview

Qu’est-ce que le trouble de personnalité borderline ? 
Il s’agit d’un trouble de la personnalité marqué par l’impulsivité et l’instabilité émotionnelle, avec de violents passages d’un état émotionnel à un autre en fonction des événements de la vie. Chez ces personnes, un événement qui paraitrait anodin pour d’autres gens – au point qu’il pourrait même ne pas être remarqué – va prendre une importance démesurée et déclencher une profonde détresse, ou une intense colère, ou un comportement non contrôlé. Les troubles comportementaux peuvent porter sur l’environnement, avec agressivité envers autrui, bris d’objets, ou sur le sujet lui-même ; lorsque le sujet s’auto-agresse, ce peut-être dans le but de s’apaiser (par des scarifications, par exemple), ou pour se punir par des comportements parfois violents. La détresse peut pousser la personne à des conduites addictives ou même des comportements suicidaires. Les événements déclencheurs de ces alternances d’états émotionnels sont en général relationnels. En effet, le trouble borderline prend naissance chez l’enfant et l’adolescent dans le cadre d’un trouble de l’attachement et la personne « rejoue » inconsciemment ses difficultés relationnelles de départ avec l’ensemble des personnes – surtout si elles deviennent proches et importantes pour elle – tout au long de sa vie. 

S’agit-il d’un trouble bipolaire ? 
Non, ces deux pathologies sont différentes. Dans le trouble bipolaire, qui est une maladie mentale, avec un déterminisme génétique, on note des alternances d’épisodes qui portent sur le niveau d’humeur : épisode dépressif ou épisode d’excitation maniaque. Les changements émotionnels portent donc sur une seule émotion, qui varie en intensité. Alors que dans le trouble borderline, les états émotionnels intenses que l’on observe vont de la colère, la tristesse, l’anxiété, à la culpabilité, la honte. Par ailleurs, dans le trouble borderline, la durée de ces états est courte, de quelques heures à quelques jours, avec une soudaineté de survenue que l’on ne rencontre pas dans le trouble bipolaire. Dans les deux pathologies, on retrouve un tempérament impulsif, mais seul le trouble borderline est caractérisé par l’instabilité de la personnalité. 

Quelle forme de psychothérapie est-il recommandé ? 
Il existe trois types de psychothérapie recommandés : la thérapie centrée sur le transfert, selon Otto Kernberg, la thérapie dialectique comportementale développée par Marsha Linehan, et la thérapie des schémas dont Jeffrey Young est le concepteur. Une étude clinique importante (1) a comparé il y a dix ans la thérapie de Kernberg à la thérapie des schémas et a montré que la thérapie des schémas était d’une efficacité incontestablement supérieure. Il a également été montré dans une méta-analyse récente de 72 études entre 1990 et 2015, portant sur 4463 patients ayant été traités par 16 types différents de psychothérapies, que la thérapie des schémas est la seule à connaître le plus faible taux d’abandon de traitement (10% à un an), loin devant toutes les autres méthodes (2).

La thérapie des schémas s’applique-t-elle à d’autres troubles psychiques ? 
Elle peut s’appliquer à tous les types de troubles de la personnalité, ainsi que, de façon générale à tous les problèmes psychiques au long cours. Une étude récente (3) a montré son efficacité dans les troubles de personnalité obsessionnel-compulsif, évitant, dépendant, histrionique, narcissique et paranoïaque.   

Cet atelier d’une journée portera tout d’abord sur la conceptualisation de cas, en insistant sur la reconnaissance des différents Modes, en cherchant à en comprendre l’origine et à les mettre en lien avec les difficultés actuelles du sujet. Il sera abordé l’exploration des problèmes actuels des patients, puis l’exploration de leur ressenti intérieur grâce à des techniques émotionnelles telles que l’imagerie et des techniques cognitives. 

La thérapie des schémas permet une conceptualisation de la relation thérapeutique au travers des concepts de schémas et de stratégies, en explorant ces phénomènes chez le patient et chez le thérapeute. Ceci permet d’affiner la conceptualisation, d’une part, et aussi de donner au thérapeute une meilleure connaissance de lui-même et de ses tendances contre-productives dans la relation avec son patient. La relation thérapeutique est également un excellent moyen thérapeutique : le thérapeute s’adresse de façon spécifique à chacun des Modes du patient selon un style relationnel adapté qui potentialise le traitement.

De nombreux exemples de cas et des vidéos illustreront cette approche et des exercices pratiques seront proposés.

 

 

Bibliographie 

  1. Giesen-Bloo J. et al. – Outpatient psychotherapy for borderline personality disorder. Arch Gen Psychiatry. 2006;63:649-658
  2. Arntz A. – Communication présentée à la conférence de l’International Society for Schema Therapy, Vienne, Autriche, 30 juin 2016. (Non encore publiée)
  3. Bamelis L. et al. - Results of a Multicenter Randomized Controlled Trial of the Clinical Effectiveness of Schema Therapy for Personality Disorders. Am J Psychiatry 2014; 171:305–322
  4. Young J.E., Klosko J. et Weishaar M. – La thérapie des schémas, approche cognitive des troubles de la personnalité. De Boeck, Bruxelles, 2005
  5. Pascal B. – La thérapie des schémas, principes et outils pratiques, Masson, Paris, 2015

 

 

 

 

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02/11/2016