Atelier pré-congrès   
L'activation comportementale et dépression : comment l'organiser et
la mettre en route ?

15 décembre 2016 de 9h30 à 13h30   

           
 

Résumé de la conférence

 

      

    

 

 

 

Dr Christine MIRABEL-SARRON
MD Phd
Responsable de l'unité fonctionnelle de psychothérapie C.H.S Sainte Anne de Paris
Service de Mr le Pr Gorwood Université Paris V
Ancienne présidente de l'A.F.T.C.C et de la société médico-Psychologique
 

Interview

Comment peut-on définir ce qu'est l'activation comportementale ?
Le terme « activation comportementale » ou « behaviour activation » ou « B.A » a été pour moi-même un terme confusionnant. Dans le passé, je l'assimilais à une mise en mouvement de l'individu bloqué par toutes sortes d'inhibition. Il s'agissait là d'une idée reçue totalement erronée et réductrice.

L'activation comportementale en tant que programme thérapeutique structuré apparait dans les années 2001, et repose sur deux bases théoriques, celle de l'apprentissage (Lewinsohn 1976) intégrant les notions de valeurs, de domaines de vie et de comportement, et celle d'une analyse contextualiste (hayes et al 1999) intégrant les notions de valeurs et d'engagement.

Dimidjian (2011) définit l'activation comportementale comme une approche thérapeutique brève, structurée, qui augmente l'engagement de l'individu dans des activités adaptatives, lui apprend la résolution de problème pour faciliter l'accès aux récompenses, ou pour réguler ses conduites d'aversion ; elle diminue l'engagement dans des activités qui maintiennent la souffrance dépressive ; ou qui augmenteraient le risque à déprimer. 

S'adresse t'elle uniquement à la prise en charge de la dépression ?
Oui, historiquement les premiers programmes s'adressaient aux patients déprimés, en association avec les traitements antidépresseurs pour les dépressions d'intensité modérée et plus sévère. Elle a été utilisée d'emblée pour les patients déprimés hospitalisés ou en suivi ambulatoire. Plus récemment, ses indications se sont élargies tout d'abord à la psychogériatrie ; puis aux troubles où les conduites d'évitements maintiennent les symptomes. Ainsi dans les troubles des conduites alimentaires avec surpoids, des programmes d'activation comportementale sont proposés, en dehors de toute souffrance dépressive. Les indications se sont élargies à tous les domaines où les évitements empéchaient l'accès à une réussite comportementale. 

Cela veut-il dire que le cognitif aurait moins de place ?
L'activation comportementale fait partie des démarches de thérapies comportementales et cognitives, elle devrait en être une de ses composantes.  Cependant utilisée seule sans complément cognitif, elle se montre aussi efficace qu'avec un complément cognitif de décentration, ou encore avec un complément cognitif de décentration et de travail sur les schémas dans au moins deux études avec deux ans de suivi et deux méta-analyses (Cuijspers et al. 2006 et Ecker et al. 2007).  

Y a-t-il un programme type d'activation comportementale ?
Sur les mêmes principes théoriques, il existe plusieurs programmes d'activation comportementale qui comprennent environ 12 séances. Jacobson en 1999 publie le premier programme ; puis en 2001 Martelle, Addis et Jacobson proposent un programme élargi intégrant du mindfulness. Toujours en 2001 Lejuez, Hopko publient le B.B.A.T.D pour Brief Behabvior Activation Treatment for Depression ; et sa forme révisée et simplifiée en 2010 (B.B.A.T.D r) qui peut se séparer en deux modules de cinq séances. Je présenterai deux programmes avec des exemples concrets.   

L’activation comportementale est l’une des premières étapes de la TCC de la dépression. C’est une composante qui sera poursuivie tout au long du traitement. Il s’agit d’un élément clé de la TCC. Il s’agit de commencer par briser le cercle vicieux de « l’apathie » en se remettant en action. Le fait d’être inactif, de ne pas faire d’activité, de ne pas bouger, maintient l’humeur dépressive, avec sa tristesse. Après un bref rappel sur les caractéristiques cliniques et psychologiques de la souffrance dépressive, nous introduirons le cercle vicieux de « la léthargie dépressive » avec ses conséquences d’inefficacité, de culpabilité, de découragement voire de désespoir.

Comme l’activité diminue le sentiment d’être amorphe ou sans énergie, le sujet déprimé doit être encouragé à se mettre en mouvement, même si sa fatigue, ses cognitions dépressives et ses symptômes constituent autant d’obstacles.

Une partie psycho-éducative expliquera que dans toutes situations, la motivation passe par l’action. C’est en agissant qu’on devient motivé à en faire plus, que le sentiment d’efficacité personnelle se développe et que l’estime de soi se restaure peu à peu.

 

 

   

 

 

 

 

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09/11/2016