Atelier pré-congrès   
L'ACT en deux temps, trois mouvements

15 décembre 2016 de 9h30 à 13h30   

           
 

Résumé de la conférence

 

      

    

 

 

 

Dr Claude PENET

Psychiatre, membre du Conseil d'Administration et de la Commission d'Enseignement de l'AFTCC.  

 

Interview

La pratique de cette démarche « ultime » implique-t-elle une expérience avérée de l’ACT ?
Il faut bien commencer son apprentissage d’une manière ou d’une autre ! Je ne crois pas que débuter par cette approche soit la moins bonne. En effet, sans détour, elle oblige à aller au cœur même de l’ACT.

Qu’entendez-vous par le cœur de l’ACT ?
Tous les processus autour de l’acceptation, de la défusion … n’ont d’utilité que dans la mesure où ils donnent accès à une vie pleine de sens, riche. Ce sont donc concrètement les actions engagées au service de ce qui importe au patient que je crois être le cœur de l’ACT. Il est primordial de démêler les stratégies inefficaces relativement aux valeurs, afin de clarifier librement ces dernières.

Depuis quand la controverse entre thérapies brèves et thérapies « longues » existe ?
Je ne possède pas d’élément précis pour répondre à cette question. J’aurais tendance à croire qu’elle est ancienne. J’étaye ce sentiment sur la querelle dans la tradition du Chan, l’ancêtre chinois du Zen, entre l’école du Nord et l’école du Sud, au VIIème siècle. L’une considérait que l’éveil (l’accès à la réalité ultime) procède d’un processus continu et graduel, alors que l’autre voyait le phénomène comme subit. Mais peut-être n’y a-t-il que contradiction apparente entre les deux postures ? Une thérapie, même si elle se poursuit sur une longue durée, n’est au fond qu’une succession de séances virtuellement ultimes ! 

Néanmoins un changement radical est de prime abord antinomique d’une intervention brève, non ?
Je concède que, dans cette conjonction, il y a pour le moins un oxymoron. Cela peut accessoirement servir à promouvoir cette approche.

Lorsque l’on se présente comme comportementaliste, il est de bon ton de se poser la question de la fonction, n’est-ce pas ? Quel est l’objectif de cette démarche « ultime » ?
Il me semble qu’il y en a plusieurs. Le premier qui me vient à l’esprit est d’aller directement à l’essentiel et, comme nous l’avons précédemment évoqué, d’être clair sur le but essentiel de la thérapie. Un second serait justement d’être une tentative ultime quand toutes les autres méthodes ont échoué. Un troisième est que le caractère solennel d’une dernière séance invite à donner le maximum de son expérience, de son empathie, de sa foi … J’espère que vous allez en trouver bien d’autres !  

De très nombreuses contingences sont susceptibles de rendre imprévisible la durée d’une thérapie.  Néanmoins, dans certaines circonstances la brièveté de la démarche est d’emblée sue ou souhaitée.

Quelque soit l’occurrence, l’intérêt d’une modalité courte de l’intervention thérapeutique est capital.

D’ailleurs, la plupart des approches thérapeutiques ont soit défini d’entrée de jeu leur procédure comme brève, soit, à défaut, proposé une version rapide (même la psychanalyse !).

Le contextualisme fonctionnel, fondement philosophique et véritable axiome de l’ACT, prône l’ancrage dans le présent, seul temps formellement réel. C’est donc assez naturellement que cette pratique thérapeutique promeut d’expérimenter le vécu à l’intérieur même du moment présent. Il devient inutile de tenter de résoudre les problèmes du passé, la seule perspective fonctionnelle est celle du contexte présent : économie de temps, mais non de moyens.

Aussi, indépendamment de la conjoncture, prioriser l’abord psychothérapique comme éphémère, potentiellement sans lendemain, est une option, non seulement compatible, mais déjà implicitement existante dans l’ACT.

Il ne s’agit plus alors de simplement proposer une version brève de la thérapie, mais bien plutôt une possible seule et dernière intervention. Comment imaginer une séance d’ACT ultime, et avec quel objectif ?

Bibliographie 

- « Brief Interventions for Radical Change » K. Strosahl, P. Robinson, T. Gustavsson. Newharbinger (2012)

- « Inside this moment » K. Strosahl, P. Robinson, T. Gustavsson. Newharbinger (2015)

- « Mastering the Clinical Conversation » M. Villatte, J. L. Villatte, S.C. Hayes. Guilford (2016)

13/09/2016